1) LE PORC ET LES AUTRES ViiANDES :
Sourate al ma-idah (la table servie)
5.3 : Vous sont interdits la bête trouvée morte, le sang, la chair de porc, ce sur quoi on a invoqué un autre nom que celui d'Allah, la bête étouffée, la bête assommée ou morte d'une chute ou morte d'un coup de corne, et celle qu'une bête féroce a dévorée - sauf celle que vous égorgez avant qu'elle ne soit morte -. (Vous sont interdits aussi la bête) qu'on a immolée sur les pierres dressées, ainsi que de procéder au partage par tirage au sort au moyen de flèches. Car cela est perversité. Aujourd'hui, les mécréants désespèrent (de vous détourner) de votre religion: ne les craignez donc pas et craignez-Moi. Aujourd'hui, J'ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J'agrée l'Islam comme religion pour vous. Si quelqu'un est contraint par la faim, sans inclination vers le péché... alors, Allah est Pardonneur et Miséricordieux.
Ce verset est l'un des plus clairs quand à l'interdiction formelle qu'il est fait au musulman de consommer la viande de porc, de la bête féroce ou celle provenant d'animaux morts. Cette dernière prescription est facile à comprendre, étant donnée qu'un animal trouvé mort est souvent dans un état de décomposition avancé, et sa viande se trouve de se fait avariée et impropre à la consommation. De plus la transmission de maladie est beaucoup plus importante par la consommation d'une viande d'animal trouvé mort.
En ce qui concerne le porc, l'interdiction de sa consommation se justifie sûrement par deux raisons : une hygiénique facilement justifiable et l'autre "spirituelle" dont le sens reste difficilement saisissable surtout pour l'homme détaché de sa tradition d'origine, qui voit dans les interdits religieux uniquement une forme de restriction de son espace de liberté.
Sur le plan hygiénique, la plupart des dictionnaires anciens ou modernes qualifient le porc comme étant un animal malsain, mangeant tout et n'importe quoi, et même ses propres excréments. La tradition musulmane n'ajoute rien à cette définition, elle considère le porc comme étant un animal impur "Najass'" ou "Fisq". Dans ce cas, la prohibition de consommer sa viande peut s'inscrire donc dans une logique de prévention sanitaire. Elle rappelle aussi au musulman la sacralité de son corps et la nécessité de le préserver de toute impureté. Mais de quelle impureté s'agit-il réellement ? Car si l'on se réfère au Coran le mot « Najass' », qui veut aussi dire « Souillure », n'a pas toujours une connotation impliquant une nocivité physique, mais aussi spirituelle : "Ô vous les croyants! les associants : ne sont qu'impureté (Najass)". (Coran, 9/28), d'où l'importance accordée à certains rites plus que d'autres en islam, notamment ceux qui ont pour but premier la purification de l'âme "Nefs" du musulman avant son corps. Mais n'anticipons pas davantage sur ce point, car ils nous conduiraient trop loin.
Les progrès de l'épidémiologie confirment que le porc est un hôte plus vulnérable que d'autres animaux, et qu'il abrite certaines maladies dangereuses pour l'homme ; que son sang par exemple est différent de celui des autres du fait qu'il évacue moins vite les toxines. Les intestins du porc sont également sujets à la prolifération de nombreux ténias, de façon beaucoup plus virulente que chez les autres organismes vivants; de nombreuses maladies portées par le porc peuvent donc être dangereuses pour l'homme comme la Listeria monocytogenes, le tenia solium ou la maladie de la vésiculeuse de porc.
Sur le plan spirituel "Ruhani", la tradition musulmane enseigne que le c½ur du croyant doit en toute circonstance rester pur "Safa' Al Kalb", afin de pouvoir maintenir par la prière, le lien permanent avec son créateur. Selon un enseignement ésotérique bien connu des anciennes civilisations d'avant l'Islam, les habitudes alimentaires négatives peuvent constituer un obstacle à la pratique rituelle d'une religion, dans la mesure où elles perturbent la foi du croyant, en altérant le comportement et la réceptivité spirituelle du c½ur.
Il est à signaler que des recherches scientifiques sont arrivées récemment à la conclusion qu'une partie des aliments consommés par l'homme ont une influence sur son corps et son esprit. Connues en occident sous l'appellation "Nous sommes ce que nous mangeons...", ces études démontrent qu'il existe bel et bien une forte corrélation chez l'homme entre ses habitudes alimentaires et son comportement physique, psychique et même spirituel. Ces études viennent donc confirmer amplement le précepte ésotérique énoncé plus haut.
"Manger une nourriture, c'est introduire en soi les caractères fondamentaux des êtres vivants à qui elle a été prise. Aucun aliment n'est sans effet sur les poussées instinctives, les sentiments et les pensées de celui qui l'assimile. C'est trop évident des alcools, des excitants, des stupéfiants, des soporifiques. Mais toute nourriture est drogue à un certain degré. [...] Manger, ce n'est pas seulement absorber une certaine masse de matière, mais encore introduire en nous certains esprits. Et pour votre esprit aussi, toute nourriture est remède ou poison. La science de l'influence spirituelle des aliments est entièrement perdue aujourd'hui ; elle est certainement à la base des observances religieuses des anciens jours. Il est bon de rappeler, par exemple, que la viande de porc et les pommes de terre nourrissent la lourdeur, la brutalité, l'obscurité et disposent à la cécité, à l'obésité et au cancer ...".
Lanza del Vasto (Approches de la vie intérieure)
A ces deux volets légitimant l'interdiction islamique de la consommation de la viande de porc, on pourrait ajouter un troisième qui est en réalité lié de près aux deux précédents et qui consiste en la nécessité primordiale pour les musulmans de se soumettre aux commandements et à la "Loi", comme cela était le cas pour d'autres nations qui ont reçu le message divin avant eux.
Pour comprendre ce dont il s'agit réellement il faut revenir au texte coranique pour lire par exemple dans un passage : "Toute nourriture était licite aux enfants d'Israël, sauf celle qu'Israël lui-même s'interdit avant que ne descendit la Thora. » (Coran 3 :93) Dans le passage de la sourate mentionné plus haut, le ton légiférant montre clairement qu'il s'agit-là d'un décret divin à l'intention de la communauté musulmane, qui instaure une relation à sens unique entre le Créateur et Sa création, qui ne peut que se soumettre à sa Loi : « Vous sont interdits la bête... ".
L'eschatologie musulmane enseigne à travers un fameux hadith, dont la chaîne de transmission est authentique, puisqu'elle reprend plusieurs compagnons du prophète Mouhammad (SAWS), que le devoir de l'homme est de se soumettre à la sagesse divine par la Loi et que l'un des premiers gestes qu'Issa accomplira à son retour sur terre à la fin des temps sera celui de "briser la croix" symbole du dogme trinitaire (considéré par les musulmans comme une corruption du message christique initial que le prophète Issa (SAWS) prêcha à son époque) et de "tuer le porc". Symbole de la transgression des chrétiens de cette Loi divine originalement confinée dans l'Ancien testament dont le messie lui-même n'a fait que confirmer la transcendance par son Ingil :
Evangile Selon Matthieu :
5 : 17 Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir , mais pour accomplir .
5 : 18 Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu'à ce que tout soit arrivé .
Enfin nous ne manquerons pas de signaler que l'Islam n'apporte rien d'innovant en matière de religion quant il interdit la consommation de la viande de porc, ainsi dans l'ancien testament nous lisons au Deutéronome XIV, 8 : « Vous ne mangerez pas le porc, qui a la corne fendue, mais qui ne rumine pas : vous le regarderez comme impur. Vous ne mangerez pas de leur chair, et vous ne toucherez pas leurs corps morts ».
Dans le Lévitique XI 7-8, on lit : "Vous tiendrez pour impur le porc parce que tout en ayant le sabot fourchu, fendu en deux ongles, il ne rumine pas. "Vous ne mangerez pas de leur chair ni ne toucherez à leur cadavre, vous les tiendrez pour impurs."
De même, on peut lire de nos jours dans le dictionnaire de la bible de Westminster : Le porc était un animal officiellement impur... Il est sale, il ne refuse pas de manger abats et charognes, et la consommation de sa viande dans certains pays chauds est supposée causer des maladies de la peau.
2) L'ALCOOL :
Le vin (Al Khamr), et par extension toutes les boissons alcoolisés sont strictement prohibées en Islam. Cette interdiction ne s'est pas faite immédiatement, mais progressivement. Dieu révélant d'abord deux versets déconseillant la consommation d'alcool :
Sourate al-baqarah (la vache) :
2.219 : - Ils t'interrogent sur le vin et les jeux de hasard. Dis : “Dans les deux il y a un grand péché et quelques avantages pour les gens; mais dans les deux, le péché est plus grand que l'utilité”...
Sourate an-nisa (les femmes) :
4.43 : ô les croyants ! N'approchez pas de la Salat alors que vous êtes ivres, jusqu'à ce que vous compreniez ce que vous dites, et aussi quand vous êtes en état d'impureté [pollués] - à moins que vous ne soyez en voyage - jusqu'à ce que vous ayez pris un bain rituel...
Ce dernier verset fut révélé suite à la mauvaise récitation d'une sourate du Coran, durant la conduite d'une prière à la mosquée, par un musulman en état d'ébriété. Ce ne fut que plus tard que l'interdiction formelle de la consommation de toutes substances alcoolisées fut introduite :
Sourate al ma-idah (la table servie) :
5.90 : ô les croyants ! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu'une abomination, oeuvre du Diable. écartez-vous en, afin que vous réussissiez.
5.91 : Le Diable ne veut que jeter parmi vous, à travers le vin et le jeu de hasard, l'inimité et la haine, et vous détourner d'invoquer Allah et de la Salat. Allez-vous donc y mettre fin ?
Ainsi en conservant un esprit sobre, le musulman est capable de s'adresser à Dieu par la prière cinq fois par jour sans perdre un instant la maîtrise de lui-même.
L'interdiction de l'alcool est également valable pour des raisons sanitaires, les boissons alcoolisées pouvant causer des dommages irrémédiables sur l'organisme (cancer du foie, hépatites alcooliques) mais également sur l'esprit (accidents de la route, violence...).
Quand les USA, dans les années 1920 prirent conscience du problème et instaurèrent la prohibition, il était déjà trop tard, et le résultat fut inverse.
Cependant, en terre d'Islam, depuis la révélation des versets prohibant la consommation d'alcool, les musulmans abandonnèrent définitivement toute sorte de boissons enivrantes. Ils ont été plus loin dans la prohibition en interdisant même la viticulture. Selon un hadith attribué au prophète (SAWS), ce dernier dit : "Malheur à celui qui cultive la vigne pour en faire du vin".
De nos jours, les pays musulmans restent les derniers dans le monde en terme de consommation d'alcool.
3) LES JEUX DE HASARD ET LE TiiRAGE AU SORT :
Comme pour le vin, les jeux de hasard sont strictement prohibés en Islam. S'il est difficile de savoir exactement à quand remonte cette interdiction, il est tout de même important de rappeler qu'à l'époque de la révélation coranique, les Arabes étaient un peuple superstitieux, qui n'hésitait pas à recourir aux flèches divinatoires, pour influencer une prise de décision de premier importance, comme la date de départ en voyage d'une caravane ou la déclaration d'une guerre.
En interdisant ces pratiques divinatoires, Dieu fait comprendre à l'homme que le hasard n'existe pas, et que c'est Lui qui décide de tout ce qui arrivera de bon ou de mauvais. Dieu incite ainsi l'homme par le biais de la sincérité (Niya' ), à accepter son destin (Qadar) et a avoir confiance en Lui.
Par extension, les jeux d'argents sont également proscrits, car ils introduisent également la notion de « hasard ». De plus, il peuvent amener facilement à la ruine ceux qui les pratiquent, quand ils ne contribuent pas à augmenter l'amour de l'argent et des gains sans efforts.
4) L'ADULTèRE, LA FORNiiFiiCATiiON ET L'HOMOSEXUALiiTé :
L'adultère (A Zinaa') et la fornication sont considérés en Islam comme étant des actes impurs :
"Fahicha". La tradition enseigne qu'ils portent gravement atteinte aux moeurs et à la dignité humaine, dans la mesure ou ils révèlent l'animalité de l'homme dans ses plus bas instincts. Ainsi si l'adultère est interdit, le mariage est quand à lui recommandé, et est considéré comme un acte qui consolide le cheminement spirituel du croyant et parachève sa religion "Kamal U Dine".
Sourate al-isra (le voyage nocturne)
17.32 : Et n'approchez point la fornication. En vérité, c'est une turpitude et quel mauvais chemin !
Sourate al-muminune (les croyants) :
23.1 : Bienheureux sont certes les croyants,
23.2 : ceux qui sont humbles dans leur Salat,
23.3 : qui se détournent des futilités,
23.4 : qui s'acquittent de la Zakat,
23.5 : et qui préservent leurs sexes [de tout rapport],
23.6 : si ce n'est qu'avec leurs épouses ou les esclaves qu'ils possèdent, car là vraiment, on ne peut les blâmer;
23.7 : alors que ceux qui cherchent au-delà de ces limites sont des transgresseurs;
Quand à la pratique de l'homosexualité, l'interdiction coranique est formelle. A travers le récit du peuple de Loth, maudit pour ses pratiques sexuelles immorales et décadentes.
Sourate al-anbiya (les prophètes)
21.74 : Et Lot ! Nous lui avons apporté la capacité de juger et le savoir, et Nous l'avons sauvé de la cité où se commettaient les vices; ces gens étaient vraiment des gens du mal, des pervers.
Sourate as-shuaraa (les poètes) :
26.165 : Accomplissez-vous l'acte charnel avec les mâles de ce monde ?
26.166 : Et délaissez-vous les épouses que votre Seigneur a créées pour vous ? Mais vous n'êtes que des gens transgresseurs”.
26.167 : Ils dirent : “Si tu ne cesses pas, Lot, tu seras certainement du nombre des expulsés”.
5) L'USURE :
« L'argent, au regard de Dieu, n'a aucune valeur ». Maints versets coraniques certifient ce précepte et rappels aux musulmans que le jour du Jugement, même tout l'or du monde ne garantit pas une place au Paradis. Aussi, l'avarice est une pratique fortement condamnée, et la générosité une très haute vertu en Islam.
L'Islam condamne violemment l'usure "Riba'", qui consiste en la réclamation d'une somme supérieure à celle prêtée, car cette dernière aggrave la situation du débiteur et le met en position de faiblesse vis-à-vis de son créancier avec toutes les conséquences que cela implique, que se soit sur le plan matériel ou humain. Au contraire la religion musulmane enseigne à être conciliant envers son débiteur, et tend à protéger l'homme de l'esclavage de la matière en réduisant la puissance de l'argent dans la société.
Sourate al-imran (la famille d'imran)
3.130 : ô les croyants ! Ne pratiquez pas l'usure en multipliant démesurément votre capital. Et craignez Allah afin que vous réussissez !
Sourate ar-rum (les romains)
30.39 : Tout ce que vous donnerez à usure pour augmenter vos biens au dépens des biens d'autrui ne les accroît pas auprès d'Allah, mais ce que vous donnez comme Zakat, tout en cherchant la Face d'Allah (Sa satisfaction)... Ceux-là verront [leurs récompenses] multipliées.
Pour palier au problème actuel qui est la nécessité de posséder un compte bancaire, un nouveau système bancaire est apparu dans les pays musulmans. Le système financier ne repose plus alors sur le taux d'intérêt et le risque unilatéral, mais sur le partage des profits et le risque mutuel.
6) L'ABUS ET LE BON SENS
En règle général, tout abus est considéré comme nocif en Islam. Le prophète de Dieu (SAWS) a d'ailleurs insisté sur ce point en recommandant aux gens d'être modérés et économes, que ce soit dans leurs propos, leurs gestes ou leurs rapports sexuels.
Le croyant ne doit pas se laisser guider par ses pulsions, et doit rester avant tout maître de son corps et de son esprit. Un bon musulman est non seulement celui qui fuit le péché, mais également celui qui n'abuse pas de ce que Dieu a rendu licite, afin de ne pas tomber dans l'excès, ce qui lui serait non profitable à long terme.
Sourate al-baqarah (la vache)
2.143 : Et aussi Nous avons fait de vous une communauté de justes pour que vous soyez témoins aux gens, comme le Messager sera témoin à vous. Et Nous n'avions établi la direction (Cibla) vers laquelle tu te tournais que pour savoir qui suit le Messager (Mouhammad) et qui s'en retourne sur ses talons. C'était un changement difficile, mais pas pour ceux qu'Allah guide. Et ce n'est pas Allah qui vous fera perdre [la récompense de] votre foi, car Allah, certes est Compatissant et Miséricordieux pour les hommes
Concernant le statut de substances telles que le tabac ou les drogues, il est important de rappeler cet hadith du prophète (SAWS), qui explique à lui seul pourquoi leur consommation doit être proscrite : "Ce qui provoque l'ivresse en grande quantité est interdit même en petite quantité". (rapporté par Abû Dâoûd)
Enfin, il est à signaler que de nos jours, de nombreux interdits totalement anachroniques, ont fait leur apparition au sein de la communauté musulmane. Ces derniers sont basés souvent sur des hadiths que même les "traditionalistes" jugent de plus en plus "apocryphes". On peut y citer comme exemple le plus flagrant, ceux concernant les rapports sociaux entre hommes et femmes ou entre les musulmans et non musulmans, et qui vont jusqu'à interdir la poignée de main, ou la voix féminine.
L'Islam n'est pas une religion qui a pour vocation de frustrer ceux et celles qui la pratique, mais de les guider sur le sentier de la vertu, de la morale et les préserver du péché, de la turpitude et de l'assouvissement effréné de leurs passions.